Les petits textes (220) qui suivent peuvent servir
de supports à des activités de lecture. La question
de départ est la suivante : comment développer la capacité
des enfants à repérer et produire des inférences
à partir d'éléments implicites du texte ?
L'idée de départ s'appuie sur le fait
que la compréhension dépend aussi de contraintes strictement
syntaxiques, comme par exemple l'ordre des mots. L'un des objectifs
des situations proposées est d'aider les élèves
à réguler leurs stratégies de lecture (relecture
par exemple) et à raisonner à partir de textes courts
conçus comme autant de situations-problèmes.
Roland Goigoux ("L'apport des enseignants spécialisés
du collège à l'apprentissage de la lecture") a
proposé quatre épreuves de compréhension à
des collégiens de SEGPA dont la première s'appuie sur
quatre extraits : " L'épreuve des quatre extraits repose
sur de multiples relectures de textes très courts. Les élèves
qui la réussissent font la preuve de leur capacité à
conduire un raisonnement complexe sur un petit nombre de données
textuelles et sous la tutelle étroite d'un questionnement externe.
Ils sont capables de réussir des tâches de lecture nécessitant
des traitements linguistiques complexes à l'échelle
d'un paragraphe.
Ils disposent de compétences leur permettant de substantiels
progrès pour la lecture de textes de taille moyenne, à
condition qu'ils bénéficient d'un enseignement explicite
de la compréhension, leur permettant de franchir le saut qualitatif
qui sépare deux modalités de lecture, celle de la lecture
brève étroitement guidée et celle de la lecture
longue autonome. "
Modalités : travail en petits groupes
: la solution retenue doit être précédée
d'échanges et être validée par les enfants qui
devront élaborer des inférences pour choisir l'une des
trois propositions .
"Les enfants sont encouragés à
penser à haute voix, alors qu'ils lisent et appliquent les
stratégies. Les interactions qui en découlent sont extrèmement
riches. Quand les enfants peuvent attribuer leur réussite à
l'emploi des stratégies, des renforcements leur sont donnés.
Ils sont encouragés à avoir des pratiques de lecture
personnelle, ce qui leur procure des occasions de pratiquer les stratégies
apprises, d'en découvrir d'autres et de renforcer leurs connaissances
métacognitives." ("Maîtriser la lecture.
Observatoire national de la lecture)
Procédures attendues : recours à
des stratégies d'auto-explication pour justifier les choix,
verbalisation des différentes stratégies. C'est à
ce moment qu'un dialogue est à la fois utile et nécessaire
entre l'enfant et l'adulte pour qu'il y ait co-construction du sens
."
[...] il faut comprendre, à l'exemple, d'ailleurs,
du travail sur l'erreur, l'installation de pratiques de débat
constituait une rupture profonde des habitudes des élèves.
Il fallait en effet que ceux-ci considèrent les institutions-instruments
de la recherche comme des institutions de recherche pour la classe,
dont la fécondité serait directement liée à
la qualité de dialogue qui pourrait s'instaurer entre eux.
Ils devaient donc nécessairement atteindre une certaine productivité,
et pour cela parvenir à dépasser les difficultés
inhérents au travail de collaboration, difficultés dont
l'examen montre à quel point les problèmes cognitifs
y sont entremêlés aux problèmes affectifs : il
est en effet difficile, et le débat dans les "vraies"
communautés scientifiques est là pour le démontrer,
d'écouter l'autre, de le laisser parler, de prendre sa juste
part au travail commun, de refuser (d'employer ou d'entériner)
l'argument d'autorité, etc."
"Dans ce cadre, les élèves, dès l'instant
où le maître est essentiellement médiateur, doivent
accepter de renoncer à des indicateurs de vérité,
et s'accomoder de l'incertitude (Legrand, 1988). Pour accepter cette
augmentation de l'incertitude, il faut que la classe puisse fonctionner
comme une "communauté scientifique idéalisée
(Legrand, 1990) : si la classe, au moment des débats, se définit
comme une institution dont les sujets (les élèves) acceptent
la responsabilité de construire, au moins en partie, leurs
connaissances, l'acceptation de l'incertitude sera finalisée
et motivée" ( "Institutions didactiques" G Sensevy)"
"Techniquement, la conviction des élèves
s'éprouve, se manifeste, s'affirme et se conforte dans les
quatre grands types de situations didactiques, sous une forme différente
spécifique à chacune : dans les situations d'action,
la conviction s'affirme par les décisions qui expriment la
confiance du sujet dans ses anticipations. Dans les situations de
formulation, le fait de communiquer ou d'exprimer une idée
ne témoigne pas toujours d'une grande conviction à son
endroit. Mais précisément, la formulation produit une
objectivation qui joue un rôle essentiel dans l'élaboration
de la conviction. La distance ainsi instaurée, entre ce qui
est dit et ce qui est pensé, entre une proposition et sa valeur
implicite de vérité, entre ce qui est explicitement
prévu et ce qui est constaté, conduit à mettre
en cause la conviction du locuteur." (Guy Brousseau. Virginia
Warfield. "Le
cas de Gaël".)
" Le dialogue avec un pair, ou avec l'ensemble
de la classe, permet de s'entraîner à la formulation
de conjectures, à la production de preuve ou de réfutation
(où apparaît le travail sur l'erreur)."
"Cette pratique est très pertinente
car elle amène les élèves à prendre conscience
de ce que réclame la compréhension en lecture : être
capable de saisir et de traduire à sa manière les idées
portées par un texte et pas seulement savoir répondre
correctement aux questions posées par l'adulte !." (Apprendre
à lire à l'école. R Goigoux et S Cèbe)
Pratique : Pour avancer d'une page à
la suivante cliquez sur l'une des
situées
sur la gauche du tableau.
Chaque série comporte dix pages.
"Dans tous les cas, il s'agit non pas d'accepter
une baisse de niveau en diminuant la difficulté des textes
proposés mais de proportionner l'effort de l'élève
à promouvoir" ("Maîtriser la lecture. Observatoire
national de la lecture)