" Les raisons de ces erreurs associées
au traitement des différents pronoms relatifs sont mal connues.
L'une d'elles est la fréquence : les relatives en qui sont plus
fréquentes que les relatives en que, elles-mêmes plus fréquentes
que les relatives en dont, et a fortiori que les autres (en
lequel/auquel/duquel) . Cette rareté a pour conséquence
que les lecteurs ont peu d'occasion de les rencontrer, et donc de s'exercer
à leur traitement. Soit,donc, ils ne savent pas le faire et assimilent
les structures en que à celles en qui soit le coût
du traitement est tellement élevé qu'ils procèdent
lentement et risquent souvent de se tromper.
En résumé, le fait que les enfants et
adolescents aient de plus en plus souvent à aborder des textes
évoquant des domaines qui leur sont largement méconnus
nécessite qu'ils disposent de connaissances syntaxiques leur
permettant de comprendre les relations (qui fait quoi à qui,
etc.) entre entités. Ces connaissances ne se confondent pas avec
la grammaire, activité réflexive de catégorisation
et d'analyse des fonctions. Elles consistent en procédures de
traitement qui dépendent, comme toutes les procédures,
de la fréquentation d'exemples de phrases comportant les structures
considérées. Cette fréquentation n'est pas toujours
suffisamment assurée dans les textes usuels, car ceux-ci ne comportent
pas nécessairement les structures problématiques et, surtout,
les contextes peuvent rendre inutile le traitement syntaxique pour assurer
la compréhension. Il faudrait donc trouver les moyens, soit en
choisissant les textes soit en recourant à des exercices, de
confronter suffisamment souvent les enfants et adolescents à
ces structures."
Michel Fayol et Daniel Gaonac'h
"La compréhension : une approche de psychologie cognitive"
in "Aider les élèves à comprendre /du texte
du multimédia"
Hachette Education. 2003
"[...] les relatives en qui
sont plus fréquentes que les relatives en que, elles-mêmes
plus fréquentes que les relatives en dont, et a fortiori
que les autres (en lequel/auquel/duquel). Cette relative rareté
a pour conséquence que les lecteurs ont peu d'occasion de les
rencontrer, et donc de s'exercer à leur traitement. Il s'ensuit
que, d'une part, ils peuvent ne pas être en mesure de les traiter
correctement du fait qu'ils ne savent pas comment s'y prendre et que,
d'autre part, même lorsqu'ils connaissent la procédure
à appliquer, la difficulté et la lenteur de sa mise en
oeuvre peuvent conduire à l'échec.
De fait, des travaux récents mettent
en évidence que les faibles lecteurs, traditionnellement considérés
comme présentant des difficultés de traitement syntaxique
pourraient en fait avoir les mêmes compétences que les
bons lecteurs mais ne disposeraient pas de suffisamment d'attention
pour en consacrer beaucoup à l'interprétation des phrases.
Lorsque celles-ci sont simples et/ou fréquentes, ils parviennent
à les interpréter. En revanche, parce qu'elles sont complexes
ou qu'ils les rencontrent rarement, ils commettent des erreurs de compréhension
avec les phrases les plus difficiles.
Maîtriser la lecture.
Observatoire national de la lecture.
Editions Odile Jacob.