" Il importe donc de ne pas confondre le rapport au savoir et les modes d'appropriation du savoir. L'éloge empressé des ressources et des facilités d'apprentissage qu'offriraient comme naturellement les nouvelles technologies de l'information illustre assez bien cette confusion. Certes l'écran informatique peut ouvrir autrement des portes et des fenêtres sur le savoir. La grammaire et l'orthographe trouvent dans l'image et les interactions programmées une proximité ludique dont on ne saurait méconnaître l'attrait, de même qu'on ne peut ignorer comment la géométrie sur l'écran de l'ordinateur, en donnant à voir des formes engendrées, associe comme jamais l'oeil et l'esprit. L'ordinateur offre bien en ce sens de nouvelles modalités d'appropriation des savoirs. Encore faut-il qu'un rapport au savoir soit déjà là, au moins esquissé, qui détermine et engage l'élève face à l'écran dans une dynamique d'apprentissage, désigne par-delà l'écran les savoirs visés, déclenche les procédures d'une curiosité informée. Il faut déjà entretenir un rapport de savoir avec la langue pour l'aborder comme objet d'étude, quel que soit le mode d'appropriation.[...]
Voilà donc bien la responsabilité première de l'école : permettre à chaque élève de construire un rapport spécifique au savoir. Faute de quoi la richesse des nouvelles modalités d'accès aux connaissances aggraverait encore les inégalités face au savoir. "

Alain Kerlan
" L'école à venir "

ESF


 

 

 

 

 

 

Retour au sommaire