Témoignage :

Pascal … intégration réussie

Il y a un peu plus d'une année j'intervenais sur cette liste alors que le nombre de participants était limité. Les commentaires des uns et des autres me furent précieux et je me dois de vous donner des nouvelles, même si je ne trouve plus le temps de lire les messages de cette liste, qui s'entassent dans ma boite aux lettres. Au printemps 99, mon petit Pascal 5 ans et quelques mois, se voyait rejeté de l'école maternelle du quartier pour la rentrée de l'automne, en prévision d'une classe de grande section maternelle qui devait accueillir 30 enfants. Pascal, trisomique 21 se débrouille plutôt bien, mis à part un énorme retard de langage et des troubles de comportement que je qualifierais de léger à moyen (crache et embête ses camarades pendant les récréations). J'avais du acquiescer une orientation en CLIS, parce que c'était pour la CCPE locale la seule option possible (en dehors d'un placement en institution). J'aurais voulu voir Pascal faire encore une année de maternelle, le considérant comme pas mûr pour partir à l'école « avec un sac à dos ». J'avais exprimé mes désirs par écrit avant la réunion de CCPE, en vain. Tout semblait sur des rails, quand une semaine avant la la fin de l'école, alors que j'avais pris rendez-vous avec l'institutrice de la CLIS, j'apprends que Pascal n'ira pas en CLIS, mais ferait encore une année de maternelle. Je l'apprendrai plus tard, c'est la CCPE de la circonscription ou se trouve la CLIS qui prit cette décision [logique à mon sens], pas forcément au vu de ma lettre. Rien ne pu être fait avant les vacances. Nouvelle Inspectrice à la rentrée, elle me proposait de forcer Pascal [ à rester ] sur l'école du quartier. Là, grace aux conseils de Jean-Claude et autres, j'ai opposé un « non » ferme. Le samedi matin précédant la rentrée du lundi, la nouvelle est tombée : la seule maitresse volontaire avait été trouvée, dans une école à deux kilomètres de chez nous. Cette école est dans un quartier défavorisé, avec une forte proportions d'enfants d'origine étrangère. Une directrice formidable avec beaucoup d'expérience, qui sait ce que veut dire
« Intégration ». Deux jeunes filles aides-éducatrices en emploi-jeune, dont une s'occupera de Pascal le matin. Une maîtresse volontaire qui s'est rendue disponible tous les vendredi après la classe pour faire le point de la semaine avec nous. La classe comptait 24 élèves, 7 en Grande Section, le reste en moyenne section. La préfecture sollicitée pour le transport a reussi à organiser le transport dès la première semaine, payé pour un taxi prenant et ramenant Pascal à la maison. Il a du rester à la cantine à midi et malgré l'assistance permanente de l'aide éducatrice n'a presque rien mangé, pire qu'à la maison où c'est déjà difficile. Nous avons du rassurer les divers participants lors de la signature du contrat d'intégration en novembre. Quelle n'a pas été ma joie les rares fois ou j'ai accompagné Pascal à l'école en fin d'année, de voir ses camarades de classe s'empresser autours de lui, faire des bisous. Il a toujours été très content de partir pour l'école et la seule déception que nous avons eue a été lorsqu'ils nous ont demandé de garder Pascal à la maison lorsque l'aide-éductrice était en formation, soit deux semaines sur l'année. Son attitude dans la cour de récréation n'a que marginalement évolué durant l'année, trouvant de nouveaux moyens de se faire remarquer. Il s'est mis au travail en classe, progressant à son rythme. Je tenais à faire ce témoignage ici pour que les quelques parents inscrits sur cette liste ne perdent pas courage. Je crois que globalement il faut se battre pour perenniser les emplois d'auxilliaire d'intégration, pour que les enseignants aient une formation à l'intégration et qu'une prime leur soit versée dans cette situation. Maintenir le contact avec l'enseignant tout au long de l'année est aussi indispensable. Finalement, il est certain que mon accès à l'information, la facilité de téléphoner n'importe quand, d'envoyer des fax et des lettres présentables, le fait de ne pas avoir l'air étranger, tout celà a facilité les choses. Une autre leçon à tirer peut-être, valable en tous cas pour de petits enfants, ce n'est pas la réputation académique de l'école qui compte quand on recherche à intégrer un enfant. La suite … La CCPE réunie en mars a confirmé notre désir exprimé à la directrice de l'école : une CLIS pour la rentrée. Sans pouvoir garantir de place, la CLIS la plus proche de notre domicile tournant cette année à pleine capacité. Un autre projet bourgeonnait à ce moment là … qui s'est finalement concrétisé un peu plus tard. Je suis en train d'inscrire Pascal à l'école du quartier, à Houston, Texas !

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