FICHE DE LECTURE

Le mercredi 28 mars 2001

Les aides spécialisées au bénéfice des élèves

De Marie-Claude MEGE COURTEIX

Editeur ESF

Ecrit par une responsable de l'AIS au Ministère de l'Education nationale, ce livre se veut une analyse historique de l'évolution des aides spécialisées depuis le début du siècle, pour donner quelques clés de compréhension sur les évolutions en cours.

Tout d'abord, l'auteur situe l'enjeu social véhiculé par l'évolution des institutions scolaires et sociales : nous sommes dans un contexte de mise en oeuvre du droit à l'éducation pour tous, au milieu d'un enchevêtrement complexe de structures et dispositifs, tant du point de vue des responsables que des financeurs, qu'il serait bon de voir évoluer d'une logique de filières à une logique de réseaux.

Ensuite, une analyse assez pointue est effectuée de la manière dont la création et le développement des structures de l'éducation spécialisée en France se sont révélées des filières d'exclusion, de 1909 à 1975 (au moins). Même s'il représente une évolution positive par rapport à celui d'arriération et d'inéducabilité, le concept d'inadapatation confine le secteur médico-éducatif dans une perspective ségrégative, même s'il se dit au service du retour vers une hypothétique intégration sociale ultérieure. Le secteur de l'éducation spécialisée dans l'Education nationale a fonctionné selon le même schémas, jusqu'à la remise en question apparue au cours des années 1970.

Dans un contexte assez tendu où les polémiques étaient assez acerbes vis à vis de l'institution scolaire " alliée implicite d'un pouvoir corrompu favorable à la reproduction sociale ", les lois de 1975 ont donné à la personne handicapée sa place reconnue au sein des institutions ouvertes à tous. Ces principes furent (sont?) longs à mettre en place, en fonction des querelles institutionnelles diverses entre le scolaire et le médico-éducatif, et autres institutions....

Depuis le début des années 1980, de nouvelles stratégies peuvent se mettre progressivement en place, en réponse à une nouvelle demande sociale qui se presse aux portes des écoles; d'autre part, de nouveaux concepts comme le Classification Internationale des handicaps, permettent d'avoir une vision moins globalisante et moins médicalisée du handicap, celui-ci étant considéré comme un processus dynamique dépendant de facteurs individuels et environnementaux. D'un point de vue institutionnel, si les places en IME ne croissent pas, le nombre de SESSAD augmente. La loi d'orientation sur l'éducation du 30 juillet 1989, rappelle assez fort le principe de non discrimination pour l'enfant et sa famille. Les nouveaux dispositifs spécialisés du système éducatif, tels que les RASED, les SEGPA, forment maintenant un cadre cohérent pour des démarches et progrès d'intégration, même si leur évolution est encore lente, et si leur réussite est intimement liée à un long travail collectif de consultation et concertation des divers nombreux partenaires.

En conséquence, l'auteur trace des perspectives pour l'action, perspectives qui tiennent tant de la modification du regard porté sur l'enfant différent ou handicapé, que de la prise en compte des nouveaux modes de communication culturels et conventionnels, des pratiques pédagogiques facilitatrices, du travail en partenariat et en concertation, sans oublier de repenser aux formations professionnelles. Le choix des mots (arriération, inadaptation, handicaps, besoins éducatifs spéciaux, etc...) est de relative importance s'il ne se traduit pas par un changement des pratiques, ce qui nécessite de disposer d'outils internes de différenciation pédagogique, en prenant appui sur des réseaux externes de soin et d'accompagnement.

Jean-Pierre CHEVALIER

 

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