Dans un contexte où l'environnement a évolué d'une logique de la
pierre à une logique des réseaux, le présent ouvrage tente d'analyser
les dynamiques des pratiques innovantes d'AIS, les résistances rencontrées,
ce qui nécessite de mettre en place des stratégies d'innovation auxquelles
sont affrontés les acteurs institutionnels. La notion de projet implique
de reconnaître le rôle du partenariat, ce qui n'est pas sans poser
de difficultés. Il convient donc alors d'évaluer les pratiques, et
de définir l'éthique des aides vers laquelle on tend à s'orienter.
Du point de vue de l'analyse des pratiques d'AIS, l'innovation consiste
en une inversion des logiques antérieures qui participe à la démocratisation
qualitative du système éducatif. Ces innovations en éducation (comme
les RASED) se heurtent à nombre de résistances, finement détaillés,
liées aux incertitudes et clivages institutionnels, aux difficultés
à mobiliser des moyens, aux problèmes divers de communication, et
à d'autres facteurs internes ou externes. L'auteur analyse également
les stratégies d'innovation qui reposent sur des minorités actives
que sont souvent des groupes de parents; l'innovation ne peut se concevoir
pour l'enseignant sans investissement de sens sur un projet de changement
de ses pratiques. Il termine son analyse des dynamiques d'innovation
par un listing des syndromes et effets pervers entre lesquels piloter
l'AIS.
La seconde partie de son ouvrage consiste en une analyse des difficultés
du partenariat en matière d'aide. Le partenariat pose problème dans
le sens où il déstabilise des équilibres institutionnels au profit
d'une logique territorialisée de réseaux et remet en cause des principes
comme celui de l'égalité de tous face au service public; ouverture
et partenariat sont aux antipodes des logiques de l'école républicaine;
différentes variables entrent en action pour la réussite des actions
de contractualisation partenariale. L'auteur en déduit quatre principes
de développement qui permettent la réussite des projets de partenariat
( une démarche d'action globale, la territorialisation des actions,
l'implication des populations bénéficiaires et le développement de
la concertation à tous les niveaux). Il montre également face à quel
paradoxe se heurte entre autres une conception contractuelle et contributive
de aides: peut-on enjoindre l'intégration alors qu'elle nécessite
la concertation pour sa réussite?
Dans ce contexte, il s'avère donc nécessaire de définir les bases
d'une évaluation dynamique des politiques et démarches d'aides. Les
démarches évaluatives du travail social sont nombreuses et il est
important de savoir quel type de regard elles apportent sur le travail
social (regard descriptif, compréhernsif, prospectif, sous l'angle
du politique, du gestionnaire, de l'organisateur, de l'administrateur,
du pédagogue....). Le secteur social est un marché qui ne peut se
déployer à l'infini, et nécessite une meilleure gestion des ressources
face aux contraintes financières et à l'évolution de la demande. Il
nécessite donc la construction de protocoles évaluatifs, généralisables,
pertinents, efficaces, cohérents et opportuns....
Pour conclure, l'auteur cherche à définir une éthique des aides,
tant dans leur rapport aux pouvoirs qu'à la morale et la philosophie,
au droit, à la médecine et la recherche médicale, à la communication
et à la subversion.
Jean-Pierre
Chevalier