Comprendre l’enfant apprenti-lecteur

Ouvrage collectif sous la direction de Gérard Chauveau, Editions  Retz, janvier 2001.

Face au danger que pourrait comporter l’exagération de l’attention portée à la conscience phonique dans la lecture, cet ouvrage analyse comment l’acte de lire est  un phénomène à trois dimensions, culturelle, linguistique et stratégique. Lire est une activité langagière et culturelle qui consiste à décoder et identifier une suite de mots, mais aussi à explorer, questionner, formuler une production langagière. La pratique de l’écrit sollicite et provoque un changement de rapport au monde, à soi, aux autres. L’acte de lire ne peut se concevoir sans identification des pratiques culturelles de l’écrit, sans mis en place de situations de communication inédites qui permettent de gérer l’absence de l’autre. C’est dans cet esprit que les auteurs proposent la BEILE, Batterie d’Evaluation Initiale de lecture Ecriture.
Un peu à l’opposé des théories insistant sur le rôle de la conscience phonique dans l’apprentissage de la lecture (par rapport à la « devinette linguistique »), les auteurs insistent sur l’importance du contexte littéral dès le début de l’apprentissage de la lecture. Le recours au contexte est l’une des stratégies majeures utilisées par l’apprenti-lecteur pour contrôler sa prise de décision lexicale. L’utilisation du contexte phrastique facilite nettement la lecture de mots au début de l’apprentissage de la lecture La réduction de l’apprentissage de la lecture au phonocentrisme oublie le rôle d’autres concepts et compétences impliquées dans l’acquisition du lire-écrire. La conscience phonique est subordonnée aux représentations enfantines sur la langue écrite. Deux variables se montrent particulièrement importantes: la connaissance du nom des lettres, et l’appropriation des usages fonctionnels de la lecture qui renvoie à l’importance primordiale du projet de lecteur.

BEILE, Batterie d’Evaluation Initiale de lecture Ecriture.

-Evaluation des aspects culturels:
- Connaissance des supports de l’écrit.
- Raisons d’apprendre à lire.
- Evaluation des aspects linguistiques
- Synthèse phonémique
- Nommer des lettres;
- Connaissance du langage technique de la lecture-écriture
- Dictée de mots et de  phrases:
- Niveau 1: simili-écritures ou traces;
- Niveau 2:  écriture grapho-perceptive ou logographique;
 (Chaque forme écrite est une sorte de logo sans rapport avec la forme orale de l’énoncé.)
-Niveau 3: écriture segmentée.
- Niveau 4: écriture phonique;
- Niveau 5: écriture presque alphabétique.
- Evaluation des aspects stratégiques:
- relire une phrase écrite;
- interpréter un texte associé à une image:
- Niveau 1: interprétation centrée sur l’image;
- Niveau 2: interprétation segmentation du texte;
- Niveau 3: conflit déchiffrage compréhension;
- Niveau 4: début du savoir-lire.

Jean-Pierre Chevalier
http://jp.chevalier1.free.fr/

Page précédente Retour au sommaire.