Différenciation
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" La mise en tension des valeurs traditionnelles
et (post) modernes, des valeurs des institutions et des individus, des
valeurs dicibles et indicibles, est fondamental et nécessaire.
On ne peut imposer l'intégration des enfants handicapés,
la différenciation pédagogique, l'enseignement d'une langue
vivante à l'école élémentaire, si chaque
enseignant n'a pas été engagé dans ce travail sur
les valeurs en tension, si le conflit des valeurs n'a pas été
intégré dans ce travail de la parole. Encore y faut-il
une méthode et des techniques. La conférence, le discours
moralisateur, le détour par le pilotage n'y suffisent pas quand
ils ne s'y opposent pas. Il est essentiel que l'inspecteur ait été
convaincu des principes (référés à des valeurs
modernes) qui changent l'agent en acteur, qui prennent en compte le
sujet chez l'instituteur. Ce sont les principes de l'écoute active,
de l'élucidation, de la mise en problème. C'est un travail
délicat; il est souhaitable qu'il fasse l'objet d'une véritable
formation ." Jean-Pol Rocquet |
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" L'absence de distinction claire entre, d'une
part, une pédagogie différenciée " fermée"
, supposant un diagnostic préalable définitif et aboutissant
à une cascade d'orientations successives, et, d'autre part, une
pédagogie différenciée "ouverte " fondée
sur une dialectique souple entre les propositions du maître, ses
observations et ses " remédiations " pèsera
lourd dans les débats éducatifs des années 1980
à 2000. Philippe Meirieu |
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" Différenciation successive. Différenciation simultanée. Passer d'une différenciation successive, qui ne bouleverse pas fondamentalement l'expérience et la culture professionnelle acquises de la plupart des pédagogues, à une différenciation simultanée ne va pas sans une sérieuse remise en question des modes habituels d'enseignement et d'organisation de la vie sociale en classe. Pour l'une et pour l'autre, il faut une formation et un travail personnel de réflexion et d'approfondissement de sa pratique éducative. " Jean-Marie Gillig |
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" En fait, bon gré mal gré, le discours sur la pédagogie différenciée et l'individualisation de l'enseignement - une fois dénoncée la transmission du savoir définie comme contrainte autoritaire inadmissible (!) - aboutit au formatage par des procédures désubjectivantes et désubjectivées et au clivage institué entre cognitif et affectif, didactique et relationnel, qu'aucune démagogie ne parviendra à combler. " Emmanuel Diet |
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« Il faut, pour différencier, introduire avec confiance variété et variations sur des objectifs aussi précisément définis que possible. Mais il faut aussi ne pas considérer la différenciation comme faisant appel à un renouvellement constant. L ’enseignant doit disposer de supports qu ’il utilise de façon relativement répétitive et que, d ’une séance sur l ’autre, il ne fait que compléter différemment (fiches d ’aide, fiches d ’évaluation) . La différenciation ne se joue pas aux différentes séances sur des éléments nouveaux, ce qui serait perturbant pour les élèves; elle se joue sur des supports connus dont quelques éléments varient au cours de l ’année. » Christian Cousin |
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" Une pédagogie vagabonde ? Franc Morandi |
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"Cependant, la différenciation nécessaire à l'intégration n'exige pas qu'une modification des pratiques pédagogiques mais également un bouleversement conceptuel. Les professionnels de l'enseignement spécialisé et du milieu intégrant doivent s'approprier les concepts et méthodes d'éducabilité cognitive qui se fondent sur la variabilité et la réversibilité du handicap. Renouant avec l'invitation de Gaston Bachelard, chacun devrait alors s'appliquer à construire des situations propices à l'abstraction, aptes à provoquer la rupture épistémologique génératrice d'apprentissages durables et transférables, caractéristiques des savoir-être. Vouloir enseigner individuellement à l'élève intégré est une gageure. Au contraire, l'enseignant profitera de l'objectif de la situation collective d'apprentissage pour différencier ses exigences, leurs applications et donc individualiser les tâches. " Philippe Fuster
Philippe Jeanne |
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" Par ailleurs, l'association des termes n'est pas neutre : l'hétérogénéité, cela se "gère". Parler de "gestion" installe d'emblée la notion même d'hétérogénéité dans le champ de l'économie des compromis et de la conciliation : il y aurait, sinon un ordre, tout du moins des équilibres à trouver (à retrouver ?), quelque part à mi-chemin entre les contraires et les extrêmes des profils scolaires. C'est ainsi que la compétence pédagogique du maître finit par se mesurer tout premièrement à sa capacité de "gestionnaire" d'une diversité qui, pourtant et fort heureusement, est constitutive de tout enseignement collectif. On sent à quel point, dans ce vocable même de "gestion de l'hétérogénéité", reste prégnant la nostalgie de la classe homogène. Mais cette dernière a-t-elle jamais existé ?" Rapport annuel
des inspections générales |
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" Différencier l'enseignement ne saurait donc consister à multiplier les "cours particuliers". Pour trouver un moyen terme entre un enseignement frontal inefficace et un enseignement individualisé impraticable, il faut organiser le travail autrement en classe, casser la structuration en niveaux annuels, décloisonner, créer de nouveaux espaces-temps de formation, jouer à une plus vaste échelle sur les groupements, les tâches, les dispositifs didactiques, les interactions, les régulations, l'enseignement mutuel, les technologies de la formation. " Philippe Perrenoud |
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"Tout le contraire de la violence de celui qui cherche à faire plier la volonté d'un autre. La « sagesse » et l'inlassable inventivité de celui qui a renoncé au pouvoir sur cette volonté et sait que cette renonciation est la seule condition pour retrouver le pouvoir sur les conditions qui permettent à l'autre de « se faire oeuvre de lui-même ». Ne pas nier la volonté de l'autre, ne pas chercher à la briser ou à la circonvenir. Mais « faire avec », c'est-à-dire « pour ». Une autre manière de dire l'impératif constitutif de la différenciation pédagogique. " Philippe Meirieu |