Echec
Echec scolaire

"[...] à strictement parler "l'échec scolaire" n'existe pas. Certes, les phénomènes que l'on désigne sous le nom d'échec scolaire sont bien réels. Mais il n'existe pas d'objet " échec scolaire" , analysable tel quel. Pour étudier ce que l'on appelle l'échec scolaire, il faut donc définir un objet que l'on puisse analyser. "

" L'échec scolaire n'est pas un monstre tapi au fond des écoles et qui se jette sur les enfants les plus fragiles - un monstre que la recherche devrait débusquer, apprivoiser, terrasser. "L'échec scolaire" n'existe pas, ce qui existe ce sont des élèves en échec, des situations d'échec, des histoires scolaires qui tournent mal. Ce sont ces élèves, ces situations, ces histoires qu'il s'agit d'analyser, et non un objet mystérieux ou un virus résistantn qui s'appellerait " échec scolaire".

Bernard Charlot

in "Du rapport au savoir."
Anthropos

 


" Pour analyser l'échec scolaire, il faut prendre en compte :

  • Le fait qu'il "a quelque chose à voir" avec la position sociale de la famille - sans pour autant réduire cette position à une place dans un nomenclature socioprofessionnelle, ni la famille à une position;
  • la singularité et l'histoire des individus;
  • le sens qu'ils confèrent à leur position (ainsi qu'à leur histoire, aux situations qu'ils vivent et à leur propre singularité);
  • leur activité effective, leurs pratiques;
  • la spécificité de cette activité, qui se déploie (ou non) dans le champ du savoir.

L'analyse de l'échec scolaire en termes de différences de positions, quelque intéressante qu'elle soit, ne peut intégrer toutes ces dimensions. L'analyse en termes de rapport au savoir tente de le faire. "

Bernard Charlot

in "Du rapport au savoir."
Anthropos


" L'enfant en échec scolaire, celui dont " il n'y a rien à faire " , l'enfant " hors-la-loi " , l'enfant " bolide ", conduisent à interroger, au-delà de leurs "handicaps ", la situation pédagogique prise dans son ensemble - dont ces " handicaps " ne sont, à certains égards, que les symptômes. "

Francis Imbert
" L'impossible métier de pédagogue"
ESF. 2000


" [...] Or les élèves qui échouent ne parviennent pas à considérer le langage comme quelque chose qui est dissociable du sens qu'il produit, de ce qu'il permet d'évoquer, de dire, de faire...Ils ne parviennent pas à considérer le langage comme une réalité dissociable, d'une part de la situation d'énonciation, et d'autre part des situations construites par les énoncés. Je note ici que ce qui sous-tend l'ensemble des manifestations d'"échec scolaire" à l'école primaire, ce n'est pas un manque d'"esprit abstrait", ou un "esprit trop concret", c'est une attitude à l'égard du langage, une orientation par rapport au langage. Je crois que les enfants ne "manquent" pas de quelque chose; mais ils n'ont pas la bonne attitude, ils ne repèrent pas les "bons contextes" - au sens scolaire" - d'usage du langage, ils ne savent pas exactement ce qu'on leur demande quand on leur pose des questions, quand on leur donne des exercices scolaires à faire... C'est davantage une question d'attitudeou de position qu'une question de manque. C'est important de poser ces problèmes du point de vue pratique, parce que si l'on se dit qu'ils n'en savent pas assez, on ne s'engage pas dans la bonne voie [...]"

Bernard Lahire
"Usages sociaux de l'écrit et "illettrisme"
in "Illettrismes : quels chemins vers l'écrit ?
Coordonné par F.Andrieux, J-M Besse et B.Falaize. Les guides Magnard 1996


" L'échec trouvant ses racines en partie dans cette opacité des règles du jeu scolaire, auxquelles les uns sont initiés dans le milieu familial, mais qui demeurent problématiques pour les autres, il est nécessaire d'avoir un souci constant d'éclaircissement, à différents niveaux. Cela vaut pour les élèves, mais gagne à s'élargir aux parents. Reconnaissance, complémentarité et convergence démultiplient les effets de l'accompagnement. "

Jacques Bernardin
" Comment les élèves entrent dans la culture écrite"
Retz. 1997

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