Ecole
"On ne reçoit de l'école que ce qu'on
y a apporté."
Bill Watterson
Extrait de Calvin et Hobbes - Complètement surbookés !
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" Si l'école aime à proclamer sa fonction d'instrument démocratique de la mobilité sociale, elle a aussi pour fonction de légitimer, et donc, dans une certaine mesure, de perpétuer les inégalités de chances devant la culture en transmuant, par les critères de jugement qu'elle emploie, les privilèges socialement conditionnés en mérites ou en "dons" personnels. A partir des statistiques qui mesurent l'inégalité des chances d'accès à l'enseignement supérieur selon l'origine sociale et le sexe et en s'appuyant sur l'étude empirique des attitudes des étudiants et de professeurs ainsi que sur l'analyse des règles, souvent non écrites, du jeu universitaire, on peut mettre en évidence, par delà l'influence des inégalités économiques, le rôle de l'héritage culturel, capital subtil fait de savoirs, de savoir-faire et de savoir-dire, que les enfants des classes favorisées doivent à leur milieu familial et qui constitue un patrimoine d'autant plus rentable que professeurs et étudiants répugnent à le percevoir comme un produit social " . Pierre BOURDIEU
et Jean Claude PASSERON - |
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" Tout le monde peut admettre que l'école est un lieu pour apprendre, reste que l'institution enseignante " a procédé à tout un montage hiérarchique de règles et de programmes, de rôles et de fonctions dont l'enseignant est le pivot; elle a défini les normes, accumulé les cloisonnements, en sorte que s'est opéré un véritable " retournement " de l'objet pour lequel elle est faite et qui n'est plus reconnaissable. On ne voit plus l'apprenant, on passe à côté sans le remarquer..." B.Aumont, P.M
Mesnier |
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" C'est que l'école a fait l'objet d'une inversion radicale : jadis au service d'un projet politique précis, elle avait défini des modes d'organisation, des contenus et des méthodes au service de ce projet. Aujourd'hui, dans une société sans projet politique clair, les moyens sont devenus des fins : la dissertation, le baccalauréat, l'évaluation des élèves sur une échelle de zéro à vingt, l'organisation de la classe, les devoirs à la maison...tout cela est vécu, par nos contemporains, comme immuable. Le remettre en question serait reconnaître que le projet fondateur de Jules Ferry - nationaliste et inégalitaire - est caduc ou largement à reconsidérer. " " L'école reste et restera longtemps une organisation complexe remplissant des missions sociales multiples et contradictoires : gardiennage et sélection, transmission des savoirs et encadrement de la jeunesse, normalisation et émancipation...Il faut, évidemment, s'obstiner à la réformer pour que recule l'exclusion et que progresse la démocratisation de l'accès aux savoirs. Il faut saisir la Nation pour que les missions de l'institution scolaire soient clarifiés et que les comportements attendus de ses différents acteurs soient bien identifiés. Le chantier est immense et nul ne peut s'y dérober tant les enjeux sont importants. " Philippe Meirieu |
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" Il ne faut pas craindre de l'affirmer vigoureusement : il est grand temps que l'école renverse l'image négative que l'individu et les subjectivités individuelles conservent encore dans la culture pédagogique et au Panthéon de ses valeurs. L'école, pas nécessairement ses enseignants; l'absence du sujet procède d'abord d'un principe et d'un système, et la reconnaissance individuelle ne suffit pas à réparer les dégâts de la dénégation institutionnelle. " " Notre école porte encore cet héritage. Elle a encore pour horizon une abstraction, l'individu universel, quand la particularité des sujets est là, rassemblée dans chaque classe. " " Si nous ne voulons pas que l'école ne soit bientôt que l'antichambre du marché et d'un monde soumis à la rationalisation marchande, la recomposition de l'école comme école du sujet s'impose comme notre tâche et notre responsabilité. " Alain Kerlan |
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" L'école confronte les sujets populaires inscrits dans une culture de l' " ascription " où on hérite de son destin, à une culture de l' " achievement " où on le mérite : elle individualise les vies et tend à créer en chacun le sentiment d'être responsable de ce qu'il devient. C'est bien pour ceux qui " réussissent ". C'est un fardeau pour les autres. Cette individualisation ne s'exerce pas seulement sur les individus en tant que tels : elle modifie le mode de production subjectif des classes sociales. " Jean-Manuel
de Queiroz |
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" [...] Combattre une telle politique, c'est s'exposer à apparaître comme archaïque lorsqu'on défend les acquis les plus progressistes du passé. Situation d'autant plus paradoxale que l'on est amené à défendre des choses que l'on souhaite au demeurant transformer, comme le service public et l'Etat national, que nul ne songe à conserver en l'état, ou les syndicats ou même l'Ecole publique, qu'il faut continuer à soumettre à la critique la plus impitoyable. C'est ainsi qu'il m'arrive aujourd'hui d'être suspecté de reniement ou accusé de contradiction lorsque je défends une Ecole publique dont je n'ai pas cessé de rappeler qu'elle remplissait une fonction conservatrice. " Pierre Bourdieu |
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" [...] Croire qu'en regroupant des enfants de même âge en un même lieu, en leur imposant les mêmes apprentissages, la même vitesse de progression et les mêmes méthodes d'enseignement, on assure " l'égalité des chances", est un contresens : il y a confusion entre uniformité des conditions et égalité des chances. Cette uniformisation est, en fait, le procédé le plus injuste et le plus inégalitaire qui soit parce qu'elle ne tient aucun compte des différences individuelles. " Guy Vermeil |