Evaluation

 

Contrôle
Evaluation

- processus qui relève de l'explicatif et de l'expliqué

- il mesure des écarts entre un référé et un référent servant d'étalon

- il utilise des dispositifs construits et transparents

- les contrôleurs sont interchangeables

- le contrôle est destiné à la hiérarchie. Le processus est sanctionnant et clôturant.

- il apporte une appréciation conclusive qui annule toute émergence d'un dynamisme potentiel.

- processus qui relève de l'impliqué

- elle a une fonction :

  • régulatrice ou formative
  • terminale ou sommative (validation)

- les dispositifs (les référents) ne sont pas donnés a priori : il s'agit d'élaborer des systèmes d'interprétation, à partir d'indicateurs, d'analyseurs. C'est une approche multi-référentielle.

- il y a implication de l'évaluateur, ce qui suppose que celui-ci "élucide sa propre position institutionnelle et sa place en fonction des enjeux en présence".

- l'évaluation, en tant que processus, est partagée par le groupe. Elle pose la question de sa divulgation : à qui et à quoi sert-elle, qui en profite ?

- le processus accompagne l'action, il a une visée prospective.

 

R Bobichon, G Gauzente, J.P Rocquet
" Inspecteur, un nouveau métier"

 

" Evaluer signifie

  • recueillir un ensemble d'informations suffisamment pertinentes, valides et fiables
  • et examiner le degré d'adéquation entre cet ensemble d'informations et un ensemble de critères adéquats aux objectifs fixés au départ ou ajustés en cours de route,
  • en vue de prendre une décision "

Jean-Marie De Ketele


" Evaluer, c'est aussi reconnaître la valeur de la personne dans le métier. Le savoir-faire, le tour de main, est également une affaire particulière. A la croisée de l'artisan et de l'artiste, l'enseignant est un professionnel qui attend qu'on lui dise que sa pratique est conforme à celle des autres, mais encore plus certainement qu'elle est interprétée en propre, et que cette interprétation est la marque personnelle de son identité enseignante. Rien n'apparaît aujourd'hui plus injuste et plus dévalorisant que de signifier à un enseignant qu'il est un agent comme un autre, interchangeable et également valable."

Jean-Pol Rocquet
" Inspection : reconnaissance, conformité et singularité"
Novembre. 2003


" Dans un contexte de globalisation, on ne réussit qu'à mobiliser les enseignants contre des indicateurs et des procédures sommaires. Ils ne peuvent que combattre une obligation de résultats qui privilégie l'instruction et les apprentissages les plus facilement mesurables...Alors que le monde de l'éducation s'habituait lentement mais sûrement à l'idée de rendre compte, les formes les plus brutales et les plus simplistes de la culture de l'évaluation sont en train de geler cette évolution, voire de nourrir un retour vers l'idéologie du refus de tout contrôle."

Philippe Perrenoud
" Un état des lieux"
In Education et management. 2003


" L'usage de la moyenne construit immanquablement l'échec d'un grand nombre d'élèves sans leur donner des indications sur des lieux de progrès possibles pour chacun d'eux. L'évaluation sommative envahissante enlève toutes leurs chances à des possibilités d'évaluation formative. "

André de Peretti
Pour une école plurielle


" Car une " pédagogie du succès " ne prend sens que si le plus grand nombre atteint le niveau visé : il ne peut s'agir " d'uniformiser le traitement assuré aux enfants " mais, bien au contraire, de rechercher " l'égalité des résultats d'apprentissage " en fournissant " l'aide et l'encouragement dont chacun a besoin et quand il lui faut ". Si l'évaluation rendait compte d'une telle situation, le modèle gaussien devrait être abandonné au profit d'une courbe en J , significative du succès pour le plus grand nombre, de l'échec pour l'infirme minorité. Il est clair que le passage d'un système d'évaluation normative basé sur le modèle gaussien à un système critérié privilégiant l'hypothèse du succès correspond à une transformation profonde des objectifs visés ; la situation "normale" attendue, ce serait la réussite. "

G. Langouet
"Suffit-il d'innover ? "
1985


" A la vérification " mécaniste " des préacquis par rapport aux prérequis s'oppose une évaluation réellement diagnostique : " l'émergence des repérsentations spontanées " conduisant alors, non pas à reprendre telle quelle la phase précedente d'apprentissage restée inachevée, mais à organiser autrement la progression en s'appuyant sur les acquisitions antérieures des élèves et sur les stratégies qui leur sont familières afin de les enrichir. "

Bernard Maccario
"Ce que valent nos enfants "
1988


"Le système français fait " fonctionner l'échec comme instrument de mesure", le taux d'échecs rassurant sur la qualité et le niveau de ce qui est enseigné, mais, en même temps, désavouant toute pratique pédagogique. Cercle vicieux à la française.
Mais ce cercle vicieux tourne sur la modalité uniforme, souvent obsessionnelle, d'une traduction permanente en termes de chiffres, de sommes et de moyennes : suivant une conception strictement sommative, et qui entend cacher sa subjectivité et sa moralisation non régulée, ses distorsions non critiquées, ses contradictions et ses imprécisions, sous un appareil mathématique apparemment sans répliques.

André de Peretti
Pour une école plurielle


" Mais toute prise de conscience du réel, aussi complète et impartiale soit-elle, modifie le cours des choses, dans la mesure ou l'action des acteurs sociaux est fonction de leur propre représentation de la réalité. Même lorsqu'elles ne font l'objet d'aucune représentation explicite, les inégalités ont certaines conséquences. Mais elles en ont d'autres dès qu'elles donnent lieu à des classements informels, a fortiori à des hiérarchies formelles. Le fait de situer explicitement un individu dans une hiérarchie d'excellence modifie à la fois son image de soi et la valeur sociale qu'on lui reconnaît, donc ses chances, ses possibilités d'action, son avenir.

Le jugement de l'école ajoute ses conséquences à toutes celles qui découleraient de différences et d'inégalités culturelles échappant totalement à la conscience des intéressés. Les inégalités réelles auraient d'autres conséquences, et souvent moins de conséquences, si elles n'étaient pas converties en hiérarchies d'excellence.

Le rôle de l'évaluation scolaire est ambigu. D'une part, elle démobilise certains enfants, les enferme dans une identité de " mauvais élèves " , les écarte d'autres apprentissages ; d'autre part, elle permet au maître de perndre conscience des écarts et, dans la mesure de leurs moyens, d'intervenir pour empâcher leur aggravation.

L'école est impliquée très fortement dans la génèse des conduites qu'elle soumet aux normes d'excellence, car, avant d'évaluer, elle enseigne.

Il faut alors concevoir les différences entre élèves avant tout comme des distances inégales entre leur habitus individuel, familial, social et les dispositions qu'exige le travail scolaire quotidien. "

Philippe Perrenoud
" La fabrication de l'excellence scolaire "
Librairie DROZ. 1984

 


" C'est parce que l'évaluation permet de prendre conscience de la valeur de l'action qu'elle contribue à faire évoluer la représentation qui est à l'origine de l'action. "

Jean Berbaum
Développer la capacité d'apprendre.
ESF.1991


" Evaluer, c'est prélever une information qui permet de juger de la valeur d'un acte, d'un comportement, d'une production, en fonction d'une compétence, d'un objectif recherché. Il s'agit de donner des informations sur le rapport entre l'apprenant et l'objet de l'apprendre (fonction intégrative) ou de valider un apprentissage (fonction institutionnelle). Le processus d'information est à la fois inscrit dans la connaissance de la tâche évaluée et dans les actes d'apprendre. Pour De Ketele, évaluer, c'est "confronter des informations recueillies à des critères en vue de prendre des décisions" . L'évaluation est une décision, de l'ordre de la remédiation, de la régulation du travail en cours, de l'organisation d'une séquence nouvelle correspondant à l'effet précédent, obtenu ou non obtenu; cela peut être de l'ordre de l'orientation, d'une certification lors d'un examen. Entre les productions des élèves et leur signification l'évaluation est une connaissance pratique, une herméneutique et une pratique connaissante, forme d'expertise instrumentée par les outils et éléments de références des savoirs."

Franc Morandi
" Pratiques et logiques en pédagogie"
Nathan Université. 2002


" L'évaluation de l'enseignement correspond aux différents jugements que l'enseignant porte sur son travail avec les élèves. Il s'agit de ce que Schön appelle la "réflexion sur l'action. " Cette réflexion sur l'action vise essentiellement à apporter des ajustements mineurs à la planification afin de l'adapter et, au besoin, de la transformer..."

Maurice Tardif et Claude Lessard


" Il est frappant de constater, d'abord, que de nombreux rapports soulignent l'insuffisante sensibilisation aux évaluations et à laur exploitation, ainsi que la faible propension à asseoir l'action sur les constats. Ils relèvent en particulier le caractère lacunaire des analyses portant sur le fonctionnement des classes ou sur le bilan, par exemple, des méthodes d'acquisition de la lecture et du temps que chaque élève y consacre de manière active. "

Rapport annuel des inspections générales
2005


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