Handicap
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" Le handicapé, au fond, met à l’épreuve l’authenticité de notre détermination éducative et révèle sa véritable nature ; parce qu’il rend le dressage social à bien des égards dérisoire et beaucoup de nos conventions superflues, il nous désigne l’essentiel : l’éducabilité véritable c’est ce à quoi nous parvenons parfois, miraculeusement, quand, dans un geste esquissé, un regard ébauché, une parole à peine énoncée, émerge quelque chose comme un sujet. Mais l’éducabilité véritable - et le handicapé nous dit cela avec une force terrible - doit être capable d’intégrer la négativité, c’est-à-dire de continuer à inspirer l’action pédagogique quotidienne en dépit du fait que ses espérances sont souvent - presque toujours - démenties. Car, je n’ai jamais « aucune raison vraiment solide » de parier sur l’éducabilité de tous les sujets, mais « j’ai quand même toujours raison » - la pédagogie est à ce prix - de continuer à parier en dépit des déceptions inévitables auxquelles je suis condamné. " Philippe Meirieu |
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" La mise en tension des valeurs traditionnelles
et (post) modernes, des valeurs des institutions et des individus, des
valeurs dicibles et indicibles, est fondamental et nécessaire.
On ne peut imposer l'intégration des enfants handicapés,
la différenciation pédagogique, l'enseignement d'une langue
vivante à l'école élémentaire, si chaque
enseignant n'a pas été engagé dans ce travail sur
les valeurs en tension, si le conflit des valeurs n'a pas été
intégré dans ce travail de la parole. Encore y faut-il
une méthode et des techniques. La conférence, le discours
moralisateur, le détour par le pilotage n'y suffisent pas quand
ils ne s'y opposent pas. Il est essentiel que l'inspecteur ait été
convaincu des principes (référés à des valeurs
modernes) qui changent l'agent en acteur, qui prennent en compte le
sujet chez l'instituteur. Ce sont les principes de l'écoute active,
de l'élucidation, de la mise en problème. C'est un travail
délicat; il est souhaitable qu'il fasse l'objet d'une véritable
formation ." Jean-Pol Rocquet |
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" [...] Par ailleurs, la notion de handicap procure
aux enseignants d'importants bénéfices idéologiques.
D'autre part, les enseignants et l'école souffrent eux-aussi de manques, sous forme de pénuries de ressources financières, matérielles et humaines. Aussi les syndicats enseignants peuvent-ils soutenir, par un nouveau déplacement de la notion de manque, que la pénurie de moyens empêche l'école de compenser les handicaps des enfants : les enseignants sont des victimes, tout comme les familles populaires et leurs enfants, et toute lutte pour améliorer leurs conditions de travail est aussi une lutte pour l'école du peuple. Ainsis s'explique cet apparent paradoxe : les enseignants adhèrent massivement à une théorie de la reproduction qui met en accusation l'institution scolaire, dénoncée comme inégalitaire et reproductrice. Pour eux, c'est la mauvaise institution qui est mise en cause, celle dont sont victimes les enfants, leurs familles et les enseignants eux-mêmes, l'institution d'une société mauvaise. Les enseignants se désolidarisent d'une telle institution, au nom d'une image de la bonne institution : l'école libératrice ou l'école du peuple. " Bernard
Charlot |
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"Traiter tout être humain en homme, c'est la seule manière de lui permettre de mener une vie digne. Reconnaître dans l'Autre handicapé un autre soimëme, c'est l'unique façon de participer à l'assomption de notre humanité. Toute autre attitude symbolise tout l'inhumain et l'indigne que l'homme peut sécréter." Charles Gardou |
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"On le constate, l'intégration met l'accent sur le devoir de normalisation de la personne en situation de handicap, alors que l'inclusion accorde la priorité à son droit d'être elle même et valorise la diversité. Il s'agit là d'une rupture politique (au sens premier du terme) qui sous-tend une mutation culturelle, engageant davantage que des structures et des dispositifs. Elle interroge directement la société sur le rôle qu'elle réserve à chacun de ses membres. Question centrale pour notre colloque de 2004…" Pierre Bonjour |
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" [...] Mais la notion se renverse ensuite sur
plusieurs points corrélatifs. Le handicap devient la déficience
dont est affectée une personne qui, de ce fait même, se
trouve en position d'infériorité : désormais, c'est
le plus faible qui est handicapé, défavorisé, et
non le plus fort; en outre, personne n'a voulu le handicap, on ne fait
que le constater. Le handicap ne désigne plus la compensation
d'une supériorité mais ce qui doit être compensé,
la déficience dont souffre le plus faible : le handicap n'est
plus pensé comme une relation mais comme un manque qui caractérise
le plus faible. Bernard
Charlot |
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