Projet
"Il ne faut jamais faire
de projets, surtout en ce qui concerne l'avenir."
Alphonse Allais
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" La pédagogie du projet doit avoir toute sa place dans l'école du sujet : du sujet comme individu, comme moi, comme personne, comme sujet proprement dit. A condition que le projet soit autre chose qu'une rationalisation didactique extérieure au sujet élève, et le moyen technocratique de réinscrire les activités scolaires dans une unité toute formelle, comme il arrive quelquefois ! " [...] Alain Kerlan |
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" Pour ce qui est de la dimension prospective des motivations, la notion centrale ne sera autre que celle de projet : projet d'action ( ce que l'on a l'intention de faire ) et projet de soi ( ce que l'on a l'intention d'être ). Projet de soi et projet d'action sont indissociablement unis, la personne se réalisant dans ses actes. Or l'enseignement a plus que tendance à ignorer la notion de projet de soi, car il tend à conformer et attend plutôt le conformisme en réponse. Une éducation fondée sur le projet se doit d'articuler dialectiquement divergence et convergence, affirmation originale de soi et apports de l'héritage culturel, projet personnel et projet social. Jean Houssaye |
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"Comment mettre des enseignants et des élèves en projets, alors que ces projets qu'ils doivent mener leur sont définis en dehors d'eux par d'autres ? L'actualité du projet ces dernières années a bien donné l'impression qu'on assistait à une nouvelle programmation de la créativité, c'est-à-dire à tuer cette créativité " Jean-Pierre
Boutinet |
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" Une conséquence importante est que le projet personnel, dans ses dimensions tant scolaires que professionnelles, est de plus en plus construit par l'élève ou l'étudiant dans un sens qui correspond de moins en moins aux normes institutionnelles. François Dubet souligne l'existence d'un " transfert du projet de l'institution vers les élèves". Mais ce transfert est problématique : si la conception institutionnelle ajustait le cursus, le projet et le débouché professionnel, la construction du projet par l'élève, et encore plus par l'étudiant, s'effectue au contraire sous le signe du désajustement. " Tout se passe comme si, remarque Dubet, la subjectivité des élèves, l'image qu'ils se font d'eux-mêmes, ne s'accordait guère à leurs intérêts scolaires et sociaux. " Anne
Barrère |
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" [...] La construction de ce projet personnel
de lecteur est un indice prédicteur de réussite : sur
dix enfants ayant élaboré de façon riche un tel
projet, huit accompliront leur apprentissage sans difficultés.
Annie Cabrera |
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"Le projet individualisé de l ’enfant, dans ses dimensions pédagogique, éducative, thérapeutique, constitue à la fois la condition et l ’indicateur d ’un fonctionnement efficace des institutions scolaires et médico-sociales. Il est cause et conséquence. C ’est un organisateur incontournable. Il mérite une place prépondérante dans nos réflexions et dans l ’évaluation de nos pratiques. C ’est à ce prix que nous pourrons nous inscrire résolument dans une conception dynamique et évolutive de l ’accompagnement d ’enfants ou d ’adolescents souffrant de troubles de la symbolisation, de la communication ou de l ’affectivité. " Dominique de
Peslouan |
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" La meilleure façon de convaincre quelqu'un qu'il peut réussir, c'est de le lui prouver; il faut donc organiser l'enseignement pour que chaque élève puisse réussir quelque chose. Ce qu'il réussit est moins important que de réussir afin de vivre l'expérience de la satisfaction liée au résultat de l'activité ou à l'activité elle-même. C'est la motivation intrinsèque. Certains élèves ne l'ont jamais éprouvée à l'école. Cette rélexion est tout un programme à elle seule : changer cette vision qu'ont les enfants de la vie ou du travail scolaire est un travail de longue haleine. Les persuader, de façon durable, que la réussite est en eux, qu'il faut la faire émerger par des actes, par des essais... Par la réussite renaît la possibilité de se mettre en projet" Britt Mari Barth |
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" Pour les phénoménologues, le projet, comme intentionnalité, donne un sens au monde et à son insertion active. Depuis les années 1970, la part des "projets individualisés" est une fin d'orientation de l'action qui ne lui préexiste pas, faute de cadres de références sociaux préétablis, par dérégulation des institutions (Touraine) Le projet devient le principe d'une autonomie fonctionnelle rendue nécessaire par la complexité et la mobilité sociale. Le projet de l'élève est autant l'expression d'un lien méthodologique, d'un rapport au savoir, que celui d'une expérience scolaire" Franc Morandi |
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" A suivre le modèle de la rationalisation managériale, le projet éducatif se réduit au programme, les finalités aux objectifs" " Il doit être entendu que le projet "d'éducation cognitive" est de faire acquérir "un équipement intellectuel ouvert et critique sans lequel tout engagement risque de s'égarer à tout instant dans le fanatisme". "Ainsi, le projet ne peut-il prendre son sens effectif qu'à se traduire dans des actes, des objectifs et des productions déterminés, qui pour autant ne le réaliseront et ne l'épuiseront jamais." " Cela revient à comprendre, comme le souligne une psychanalyste, que "tout projet exige que sa réalisation reste une interrogation, que toute réalisation doit préserver à son tour un vide, un "en moins" pour l'insertion d'un nouveau projet", une compréhension qui "exige un sacrifice narcissique d'importance" " Le projet, est présence-absence, ouvert à partir duquel du nouveau peut advenir, qui ne s'épuise pas dans ce surgissement même, mais s'offre à des processus que sous-tend une temporalité dialectique. Ce n'est qu'à partir de cette présence-absence, que l'analyseur peut ébranler le système des sens établis et ne pas s'évanouir comme fusées de feu d'artifice. " Francis Imbert |
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"Le message qui me tient vraiment à coeur, c'est de fonder, chaque fois que c'est possible, le « vivre ensemble » sur le « faire ensemble ». De s'éloigner de toutes les illusions totalisantes qui fondent le vivre ensemble sur l'adhésion aveugle au pouvoir d'un leader charismatique ou d'une norme commerciale. Apprendre à « vivre ensemble » par le « faire ensemble » me paraît être la priorité absolue aujourd'hui. Aider tous les projets, même minuscules, qui se donnent cet objectif, plutôt que de financer des opérations qui relèvent de « l'évènementiel prestigieux » et particulièrement dépensier... Que, chaque fois qu'une collectivité dépense 100 000 euros pour organiser un « événement » spectaculaire, elle se demande s'il ne vaudrait pas mieux financer cent projets à mille euros, cent projets où s'impliqueraient des personnes variées qui travailleraient ensemble et sur la durée à rendre notre monde plus vivable. " Philippe Meirieu |