La politique départementale, ainsi définie, trouve sa concrétisation dans les circonscriptions, grâce à un pilotage effectif des actions des réseaux par les inspecteurs de l'Education nationale. Etablissant un plan d'action pour la réussite scolaire de tous les élèves, l'inspecteur arrête, avec ses collaborateurs, les modalités d'intervention des réseaux d'aides spécialisées. Ces modalités peuvent être différentes d'un secteur à l'autre, en fonction des caractéristiques spécifiques relevées ; on n'intervient pas de la même manière, ni pour les mêmes raisons, en milieu rural qu'en milieu urbain, la mission des réseaux doit donc être précisée, particulièrement en ZEP.
En possession de ces modalités de fonctionnement, les personnels des réseaux élaborent, en étroite relation avec les directeurs d'écoles et les enseignants, un projet de réseau, les amenant à définir des stratégies concertées pour traiter le problème des difficultés des élèves dans toutes ses dimensions. Les projets de réseau doivent, à l'évidence, inclure des dispositions pour évaluer de manière rigoureuse l'impact des interventions sur les progrès des élèves.
La question peut se poser de l'existence d'un ou de plusieurs réseaux dans une même circonscription. Lorsque plusieurs réseaux agissent, la tendance est plus grande d'observer un fonctionnement s'inspirant du modèle «GAPP». Inversement, une dynamique nouvelle est engagée lorsque, dans une même circonscription, un seul réseau fonctionne avec des personnels spécialisés, et œuvre à la réalisation d'un projet «adaptation et intégration scolaires» inclus dans le projet de circonscription. Cette dernière organisation peut être préférée, sachant qu'elle adoptera des modalités d'actions différentes en fonction de la diversité des terrains.
Le problème des concertations doit être clarifié. Il convient de distinguer:
- les réunions de synthèse du réseau, qui concernent les personnels spécialisés et dont le déroulement est prévu par la circulaire du 9 avril 1990. Ces réunions voient tout naturellement la participation des maîtres E chargés des aides à dominante pédagogique et membres à part entière du réseau,
- les réunions de concertation au sujet des élèves en difficulté, tenues à l’initiative et sous la responsabilité des directeurs. Elles s'adressent aux personnels du réseau ainsi qu'à tous les enseignants concernés, et éventuellement aux personnels extérieurs, avec la participation des parents en tant que de besoins. Ces réunions se déroulent pendant le temps de travail des enseignants, mais hors du temps consacré à l'enseignement face aux élèves.
Le dispositif est soumis effectivement à évaluation, selon les modalités définies par la circulaire du 9 avril 1990. Dans les circonscriptions, les inspecteurs sont responsables des deux formes d'évaluation, interne et externe. Il leur revient d'assumer pleinement cette responsabilité en utilisant d'une part, les indicateurs arrêtés par les personnels des réseaux, et d'autre part, les indicateurs retenus au plan départemental, ces deux types d'outils étant d'ailleurs complémentaires et inclusifs.
En tout état de cause, une évaluation de réseau ne peut se limiter à une somme d'inspections individuelles accompagnées d'une réunion-bilan, ni à la présentation rituelle d'un compte rendu d'activités. Elle suit une démarche rigoureuse, aboutissant à une mesure réelle de l'effet des actions entreprises sur la scolarisation des élèves.
L'étude a montré les difficultés que rencontrent les inspecteurs de circonscription dans ce domaine. Aussi, la participation des inspecteurs spécialisés aux opérations d'évaluation du dispositif et d'inspection des personnels doit être vivement recherchée.