Jean-Charles RINGARD

   Inspecteur d’Académie Directeur des services départementaux de l’Education Nationale de la Loire-Atlantique

A propos de
l’enfant « dysphasique »
l’enfant « dyslexique »

Février 2000

Rapport à Madame la Ministre déléguée
Chargée de l’Enseignement scolaire

 
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Préambule  

Nature du problème posé

I. Orientations relevant du ministère de l'Education nationale
II. Orientations relevant du secrétariat d'Etat à la santé
III. Orientations conjointes

Essai de définition

I. Remarque préalable autour des mots : Trouble – Retard – Langage
II. Essai de définition de la dysphasie
III. Essai de définition de la dyslexie
IV. Ampleur du problème

Etat des lieux

Constat au niveau national

I. Un cadre réglementaire
II. De nombreux rapports sur le sujet
III. Des projets de lois
IV. Des initiatives dignes d'intérêt
V. Des insuffisances, des inégalités en terme de droit à l'éducation et de droit à la santé qui génèrent un sentiment largement partagé de non-reconnaissance de ces déficiences. 

Recommandations

Les principes

Les objectifs

Deux conseils

ANNEXES

 

PRÉAMBULE    

Il y a peu de domaines du développement de l’enfant et de la pathologie infantile qui aient autant retenu l’attention au cours de ce siècle, et plus particulièrement encore depuis une trentaine d’années.
Quelle mère n’a eu un enfant dyslexique ou qui s’est mis à parler tardivement ?
Qui ne se souvient d’une courte mais alarmante période de bégaiement ?

Le climat singulier d’attention au langage oral et écrit ne s’explique sans doute complètement, ni par les polémiques scientifiques ou pédagogiques existantes, ni par l’apparition sur le marché d’un nombre croissant "de psychologues installés" ou de "logopèdes avérés", mais par l’importance de la maîtrise du langage comme élément de réussite scolaire, d’intégration sociale et d’insertion professionnelle.

Il convient de constater et de connaître qu’au quotidien de l’école, qu’au quotidien de la vie familiale et sociale, des jeunes sont confrontés à un défi majeur dans l’acquisition de la lecture, de l’écriture ou du calcul et dans le maniement de la langue orale. Ce défi, quand il n’est pas relevé, génère très souvent des retards cumulés et des déficits constatés qui vont bien au-delà des apprentissages scolaires. On peut parler parfois de souffrance et de culpabilisation des enfants et de leurs familles. On peut parle aussi d’impuissance et de perplexité des enseignants. Ne pas (ou peu) savoir lire et écrire, ne pas (ou peu) savoir parler, c’est nécessairement être en échec scolaire et sociale mais aussi vivre et faire vivre un échec.

Dans cette perspective, et compte tenu de l'histoire scientifique, psychologique, pédagogique et médicale liée aux difficultés ou troubles d'apprentissage du langage oral et écrit, suggérer des recommandations pour mieux aider à l'école et hors de l'école les enfants appelés "dysphasiques" ou les enfants appelés "dyslexiques", requiert à la fois :  

De l'humilité scientifique :

Près de 100 ans de recherche n'ont pas permis de cerner précisément par exemple, ni l'étiologie, ni les trajectoires développementales de ces difficultés ou troubles et ni les interventions éducatives et pédagogiques pertinentes auprès des élèves. Aujourd'hui encore des querelles existent parfois teintées de controverses idéologiques.

Du discernement :

La question fondamentale face à ce type de problème est simple à poser comment, par exemple, différencier un mauvais lecteur ou un lecteur faible d'un enfant présentant un trouble spécifique de l'apprentissage de la lecture ? La réponse est importante non seulement pour définir ce trouble (s'il existe) mais parce qu'elle a évidemment des répercussions considérables pour des milliers d'enfants ou d'adolescents.
Un seuil de dysfonctionnement de l'apprentissage de la lecture relativement élevé en identifiera trop et en étiquettera inévitablement quelques uns, au risque de leur faire du tort, alors qu'un seuil relativement bas n'en identifiera pas assez et privera probablement certains d'entre eux de services pédagogiques et thérapeutiques dont ils pourraient bénéficier.

De la distance face aux pressions diverses :

Les intérêts multiples des protagonistes en jeu - enfants, familles et associations, enseignants, administrations, cliniciens et chercheurs – ne convergent que rarement. On doit alors éviter au moins la déresponsabilisation des enseignants, l'hyper-médicalisation des réponses ou des prises en charge proposées, voire l'adhésion rapide à une nouvelle théorie explicative ou des nouvelles recettes miracles.

Mais aussi de la conviction :

Face à une réelle souffrance des familles et à l'échec profond de plusieurs milliers d'enfants (vraisemblablement 4 à 5 %), l'école n’a pas à être exonérée de sa responsabilité pédagogique et éducative. Elle ne peut certes résoudre tous les problèmes, mais un partenariat éducatif avec notamment des professionnels de la santé et la famille peut constituer une démarche porteuse de résultats positifs.

Voilà ainsi présenté l'esprit qui anime ce rapport souhaité par Madame la Ministre déléguée à l'enseignement scolaire. Conformément à sa demande, il se structure en trois parties :

Nature du problème posé.

Etat des lieux.

Recommandations.

Il est le résultat à la fois :
- d'échanges et de confrontations riches, parfois passionnés, toujours attentifs, au sein d'un groupe de travail composé de représentants d'associations, de syndicats d'enseignants, de professions de la santé ;
- d'auditions de 28 experts : enseignants, chercheurs, médecins, orthophonistes (listes jointes en annexe).

Que chacun soit remercié pour son aide et sa contribution active.    

NATURE DU PROBLÈME POSÉ   

Le Ministère de l'Education Nationale, de la Recherche et de la Technologie et le Secrétariat d'Etat à la Santé ont séparément, chacun dans leurs domaines de compétence, et conjointement, développé des orientations politiques qui fixent le cadre institutionnel dans lequel la présente étude s'effectue.

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