On retiendra principalement :
a) Une rénovation du système scolaire
A travers la Charte de l'Ecole du XXIèmé siècle,
le Collège des années 2000, la Charte du Lycée
du XXIème siècle, le système scolaire se rénove
en profondeur autour de deux idées maîtresses.
- La mission essentielle du service public d'éducation est d'assurer
à chaque élève une scolarité lui permettant
d'acquérir, outre les savoirs fondamentaux, les repères
et références indispensables à l'exercice de la
responsabilité et de la citoyenneté. Dans cette perspective,
le rôle fondamental de l'école est d'être le lieu
initial d'expérience et d'apprentissage, elle doit accueillir
tous les élèves avec le même souci d'exigence et
d'ambition, tout en veillant à développer, à tous
les niveaux du parcours scolaire, une approche différenciée
de son public.
L'école, dans un souci d'égalité des chances et
de devoir à l'égard de l'ensemble des familles, doit être
son propre recours pour faire face à la diversité des
élèves accueillis.
b) Une nouvelle étape pour l’accueil des élèves
handicapés à l'école
A partir d'un rapport demandé à l'I.G.E.N. et à
l’I.G.A.S qui fait l'inventaire des blocages dans la pleine application
des lois du 30 juin 1975 en
faveur des personnes handicapées et du 20 juillet 1989 relative
à l'éducation, Madame la Ministre a pris, dès décembre
1998, diverses mesures en faveur de la scolarisation des enfants et
des adolescents handicapés. Elles soulignent que tous les
enfants handicapés qui peuvent l'être et pour lesquels
les familles le souhaitent doivent être accueillis par le système
scolaire : la France doit se hisser au même niveau que d'autres
pays européens qui montrent l'exemple, notamment en faisant de
l'accueil à l'école La règle commune, l'inscription
dans un établissement spécialisé, l'exception.
c) La maîtrise des langages : conditions de la réussite
de tous les élèves :
A partir des Etats Généraux de la lecture et des langages
des 4 et 5 mai 1999, Madame la Ministre ci pris douze initiatives concrètes,
par exemple : mieux valoriser les compétences des réseaux
d'aide et de soutien aux élèves en difficulté (RASED),
clarifier les objectifs pédagogiques en maternelle, mettre en
œuvre des actions pour les jeunes illettrés, créer des
ateliers d'écriture, de lecture et langage pour tous...
II. ORIENTATIONS RELEVANT DU
SECRETARIAT D’ETAT A LA SANTE
On retiendra principalement :
a) L'accès à la prévention et aux soins
Cette orientation est depuis décembre 1998 définie dans
le cadre de programmes régionaux d’accès à la prévention
et aux soins (PRAPS). Etablis pour trois ans, ils fixent des activités
prioritaires et leurs modalités de mise en œuvre et d'évaluation
au niveau régional et au niveau des départements de la
région. Un comité régional est consulté
sur le programme et en assure le suivi. Le premier PRAPS devait être
établi au plus tard le 31 décembre 1999.
b) Une intention politique : les troubles d'apprentissage chez l'enfant
? "un problème de santé publique ?" :
Le Haut Comité de la Santé Publique en mars 1999 aborde
les troubles d'apprentissage (langage oral et écrit, calcul)
comme un véritable problème de santé publique.
Il en démontre la magnitude grâce à des données
épidémiologiques françaises et internationales,
indique la nécessité d'outils de dépistage particuliers
et propose des recommandations de prise en charge.
III. ORIENTATIONS CONJOINTES
On retiendra principalement, outre évidemment la loi d'orientation
de 1975, les récentes circulaires du 19 novembre 1999. Elles
réaffirment notamment que la scolarisation de tous les enfants
malades et adolescents, quelles que soient les déficiences ou
maladies qui perturbent leur développement ou entravent leur
autonomie, est un droit fondamental et que pour favoriser et accompagner
cette politique d'intégration et développer la complémentarité
entre milieu ordinaire et milieu médico-social il est institué
un groupe départemental de coordination Handiscol.
Les troubles "dyslexiques" et "dysphasiques" sont parmi les plus popularisés
et en même temps parmi les moins connus.
Si l'on s'accorde sur l'idée que la dyslexie et la dysphasie
participent des troubles d'apprentissage, on épouse plutôt
la conception bio-médicale, voire aujourd'hui neuro-médicale,
qui pose dès la fin du XIXème siècle l'hypothèse
d'un lien entre difficulté à lire et lésion cérébrale,
entre fonction intellectuelle et maladie ("cécité verbale").
Elle donne aussi naissance à l'éventualité d'une
détermination génétique notamment de la dyslexie
ou de l'existence d'un dysfonctionnement cérébral minime
pour expliquer l'origine des difficultés et/ou des troubles.
Du côté des psychanalystes, on assure que les difficultés
d'apprentissage scolaire ne sont que les symptômes de troubles
affectifs. Bruno BETTELHEIM insistait sur des exemples du " refus d'apprendre"
d'origine psychologique : défi à l'autorité, culpabilité
de dépasser ses parents, résistance à leurs exigences.
En revanche, si l'on accepte que ces déficiences relèvent
d'hypothèses médicales pour expliquer des faits pédagogiques,
alors on peut observer que, tel courant psychopédagogue se réfère
à la thèse du "handicap socio-culturel": la proportion
de mauvais lecteurs ou de mauvais parleurs va croissant quand le niveau
socio-culturel s'abaisse. Tel autre met au banc des accusés les
méthodes de lecture, notamment la méthode "globale" dénoncée
par les partisans des méthodes analytiques.
Force est de constater, que la définition, la classification,
la nature, voire l'existence même de ces troubles sont parmi les
sujets les plus controversés du développement de l'enfant
et de l'adolescent (singulièrement pour la dyslexie).
A chaque courant de pensée sa vérité, à
chaque protagoniste ses intérêts, y compris pour certains
marchands.
Essayons cependant d'établir, par analyse d'une bonne cinquantaine
de définitions de la dyslexie et d'une dizaine concernant la
dysphasie, une synthèse des données scientifiques et conventionnelles
actuellement utilisées.