3-4-2 L'analyse des caractéristiques des élèves suivis
L'analyse des caractéristiques des élèves suivis par les réseaux d'aides est effectuée à partir des enfants pris en charge depuis la rentrée 1995-1996. Les renseignements demandés étant assez détaillés, il a paru préférable de les solliciter pour les élèves suivis au moment de l'étude, afin d'alléger le travail des personnels. L'enquête ayant eu lieu sur le terrain en février 1996, il ne sera pas étonnant de trouver, pour chacun des deux types d'aide, des nombres inférieurs à ceux de l'année 1995-1996.
Cours fréquenté par les élèves
Aide à dominante pédagogique (prise en charge par les maîtres E)
. n. mai. E PS MS GS CP CEl CE2 CM1 CM2 Total Total 61.5 5 54 250 586 585 214 89 48 1831 Moyenne par m. E 0,1 0.8 4 9,5 9,5 3.4 1,4 0,8 29,7 % par niv. 0,3% 2,9% 13,7% 32,0% 31,9% 11,7% 4,9% 2,6% 100% % par cycle 3,2% 77,6% 19% .Aide à dominante rééducative (prise en charge par les maîtres G)
. n. mai. G PS MS GS CP CEl CE2 CM1 CM2 Total Total 64.5 54 291 557 486 270 67 46 27 1798 Moyenne par m. G 0,8 4,5 8.6 7,5 4,2 1,0 0,7 0,4 27,9 % par niv.
3,0%
16,2% 31,0% 27,0% 15,0% 3,7% 2,6% 1,5% 100% % par cycle 19% 73% 8% .Ces tableaux récapitulent les données brutes fournies par les personnels des réseaux qui ont répondu à cette rubrique. On retrouvera en annexes 1l et 12, le détail des réponses par réseau.
Les résultats exprimés n'appellent pas de longs commentaires. Les 62 maîtres E (61 et un mi-temps) ayant remis des renseignements, suivent au total 1831 élèves, Soit une moyenne de 29,7 par maître spécialisé. Quant aux maîtres G, ils sont 65, (64 et un mi-temps), à prendre en charge au total 1798 élèves, Soit une moyenne de 27,9 par professionnel.
A l'évidence, les réseaux interviennent prioritairement aux cycles 1 et 2. Si, en apparence, les maîtres E et les maîtres G œuvrent avec la même intensité au cycle de apprentissages fondamentaux, le poids donné par les maîtres G à leur action en moyenne section et en grande section d'école maternelle, montre que ces intervenants mettent effectivement l'accent sur la prévention, même si la petite section reste encore peu concernée par ce type d'action.
Les données présentées dans les tableaux confirment le moindre investissement des réseaux dans le cycle des approfondissements, bien que les maîtres E paraissent plus présents que les maîtres G. Elles illustrent le relatif abandon dans lequel se trouvent les élèves en difficulté dans ce cycle, notamment, comme il a été observé dans le rapport de l'inspection générale sur les classes d'intégration scolaire (octobre 1995), les élèves qui étaient naguère en classe de perfectionnement et qui ne relèvent pas de ces nouvelles classes spécialisées.
Caractéristiques personnelles des élèves (scie, date de naissance, situation parentale, fratrie).
Aide à dominante pédagogique (prise en charge par les maîtres E), cf. détail, annexe 13.
. M F 1er tr 2e tr 3e tr 4e tr f.bipar f.mon autre 1 eft 2 ou 3 4 ou plus Somme 977 717 280 415 485 499 1253 276 52 137 1006 441 Total par caract. 1694 . . . 1679 . . 1581 . . 1584 % 57,7 % 42,3 % 16,7 % 24,7 % 28,9 % 29,7% 79,3 % 17,5 % 3,3% 8,6% 63,5% 27,8% Structure populalion 50,70 % 49,30% . . . . 88.20 % 10,50 % 1,20% 11,80 % 67,20 % 21,00 % Interv.conf. DS DS . . . . DS DS / DNS DS DS Khi carré DS DS . . . . DS DS DS DS DS DSAide à dominante rééducative (prise en charge par les maîtres G), cf. détail, annexe 14.
. M F 1er tr 2e tr 3e tr 4e tr f.bipar f.mon autre 1 eft 2 ou 3 4 ou plus Somme 1129 693 318 409 501 578 1357 392 65 225 1180 412 Total par caract. 1822 . . . 1806 . . 1814 . . 1817 % 62,0 % 38,0 % 17,6% 22,6 % 27,7 % 32,0 % 74,8 % 21,6 % 3,6 % 12,4 % 64,9 % 22,7 % Structure populalion 50,70 % 49,30 % . . . . 88,20 % 10,50 % 1,20 % 11,80 % 67,20 % 21,00 % Interv.conf. DS DS . . . . DS DS / DNS DNS DNS Khi carré DS DS . . . . DS DS DS DNS DNS DNSLes pourcentages obtenus pour chacune des caractéristiques sont très parlants. Une tentative d'approfondissement de l'analyse a été conduite à partir d'une comparaison, lorsque cela était possible, entre les données fournies par l'échantillon et les données correspondantes fournies par le panel de la Direction de l'Evaluation et de la Prospective du Ministère de l'Education nationale. Ce panel, établi en 1989, permet de connaître la structure de la population scolaire du premier degré. On ne peut nier le risque d'une analyse légèrement biaisée, dans la mesure ou cette structure a sans doute connu des évolutions en 7 ans, aussi, seules les tendances fortes ont-elles été retenues. Des tests statistiques simples Ont été utilisés, chaque fois qu'il était possible, pour renforcer la fiabilité des comparaisons.
La première observation concerne le sexe de la population suivie. Elle confirme une situation bien connue les prises en charge des élèves en. difficulté concernent majoritairement les garçons et ce phénomène est plus particulièrement marqué pour les aides à dominante rééducative.
Ce simple constat ne permet pas de faire d'hypothèses, il appelle cependant une remarque : de nombreuses études de psychologie génétique conduites depuis les années 1950, ont montré un décalage entre le développement des filles et celui des garçons, en faveur des premières, jusque vers l'âge de 10 ans. Le grand nombre de garçons pris en charge ne traduit-il pas un souci de corriger, au nom d'une difficulté sérieuse, ce qui est un écart normal et passager ? Les personnels des réseaux devront être invités à réfléchir à ce problème.
Une deuxième observation porte sur les conséquences de la place de la date de naissance des élèves dans l'année civile. Le nombre d'élèves suivis augmente progressivement selon que leur date de naissance se situe plus tard dans l'année, les enfants qui sont nés en fin d'année risquent d'être plus fréquemment signalés et pris en charge par les réseaux que ceux qui sont nés au début de l'année civile.
Il n'a pas été possible de comparer à la structure de la population les pourcentages d'élèves par trimestre de naissance, le panel de référence ne le permettant pas. Mais la régularité de la progression constatée dans le nombre des prises en charge, avec un parallélisme quasi parfait entre les aides à dominante pédagogique et les aides à dominante rééducative, révèle un phénomène assez global qui retient l'attention. Aux cycles 1 et 2, les écarts de quelques mois chez les jeunes enfants jouent un rôle considérable dans le degré de maturité générale et dans le rythme des acquisitions ; orienter de manière privilégiée des enfants de fin d'année vers le réseau d'aides revient à transformer en difficulté ce qui ne relève que d'une différence de maturité normale, que le maître de la classe doit gérer, notamment dans le cadre de la mise en place des cycles. Il semble donc que les personnels des réseaux, répondant favorablement aux maîtres dans ces cas précis, se substituent à eux pour traiter les différences de maturité des enfants, et freinent, en conséquence, les changements que doivent connaître les pratiques pédagogiques à l'école primaire.
Une troisième remarque est relative à la situation parentale des enfants suivis par les réseaux. Les données recueillies montrent que les enfants qui vivent en famille monoparentale ou autre (par exemple en foyer), sont proportionnellement plus fréquemment suivis que ceux qui vivent en famille biparentale. Cette observation semble confirmer le fait que des difficultés scolaires peuvent être liées à des situations psychologiques fragilisées par un encadrement familial moins structurant, et expliquerait, pour une part, la dimension psychologique donnée par les personnels des réseaux à leur intervention.
Une dernière remarque enfin concerne la composition de la fratrie. Le nombre d'enfants dans la famille ne semble pas être un élément qui caractérise la situation des élèves suivis par les maîtres G. En revanche, les élèves qui bénéficient des aides à dominante pédagogique, semblent issus plus fréquemment, et de manière significative, d'une fratrie de 4 enfants et plus. Ce constat avait déjà été mentionné pour les élèves qui fréquentaient les classes de perfectionnement. Une observation identique a été faite dans une étude réalisée par la Direction de l'Evaluation et de la Prospective et relative aux facteurs de progrès des élèves en lecture à l'école élémentaire: le fait d'appartenir à une fratrie de quatre enfants ou plus, crée des effets négatifs, notamment dans les milieux défavorisés (cf Education et formations n° 27-28, août 1991).
Caractéristiques sociales des élèves (Catégorie socioprofessionnelle des parents langue parlée dans la famille)
Aide à dominante pédagogique (prise en charge par les maîtres E), cf. détail, annexe 15.
. agricult.exploit. artisan commer. cadr. prof intel.sup prof interm. employé ouvrier SP. prof non decl. langue française français et autre autre Somme 29 118 43 103 350 692 480 1210 289 131 Total par caract. . . . . . 1815 . . 1630 % 1,6% 6,5% 2,4% 5,7% 19,3% 38,1% 26,4% 74,2% 17,7% 8,0% Structure population 3,50% 10,00% 13,80% 18,10% 13,30% 35,60% 5,60% . . . Interv. conf. / DS / DS DS DNS DS . . . Khi carré DS DS DS DS DS DNS DS . . .Aide à dominante rééducative (prise en charge par les maîtres G), cf. anneze 16.
N°. agricult.exploit. artisan commer. cadr. prof intel.sup prof interm. employé ouvrier SP. prof non decl. langue française français et autre autre Somme 34 103 70 134 398 678 405 1399 299 121 Total par caract. . . . . . 1822 . . 1819 % 1,9% 5,7% 3,8% 7,4% 21,8% 37,2% 22,2% 76,9% 16,4% 6,7% Structure population 3,50% 10,00% 13,80% 18,10% 13,30% 35,60% 5,60% . . . Interv. conf. / DS / DS DS DNS DS . . . Khi carré DS DS DS DS DS DNS DS . . .Les deux populations d'élèves suivies par les réseaux, l'une pour des aides à dominante pédagogique, l'autre pour des aides à dominante rééducative, présentent le même profil, si l'on se réfère aux catégories socioprofessionnelles des parents. Les pourcentages d'élèves pris en charge sont faibles dans les catégories les plus élevées (les différences avec les pourcentages de la population de référence sont significatives), ils s'élèvent lorsqu'on aborde les catégories moyennes, pour devenir plus élevés, et de manière significative, dans la catégorie la plus défavorisée parents sans profession ou de profession non déclarée).
Une réserve doit être faite pour ce qui concerne la catégorie «agriculteurs, exploitants ». Le faible pourcentage d'enfants suivis dans cette catégorie révèle surtout la difficulté, pour les réseaux, d'étendre leur action en secteur rural.
De manière générale, les maîtres des réseaux sont donc confrontés au traitement de difficultés scolaires associées à des facteurs sociaux, ce qui pourrait expliquer, là encore, pour une part, que certains d'entre eux, les maîtres G majoritairement, donnent une dimension non strictement scolaire à leur action. Il est compréhensible que certains élèves, se trouvant dans des situations sociales particulièrement difficiles, soient peu disponibles pour les activités scolaires. Mais rien ne prouve qu'une aide à dominante rééducative soit la meilleure formule pour les amener à assumer ces situations.
La dernière caractéristique étudiée, la langue parlée dans la famille, ne semble pas particulariser les enfants suivis par les réseaux d'aides. On trouve encore un parallélisme parfait, pour les trois rubriques considérées - langue française, français et autre, autre - , entre les pourcentages des populations d'élèves pris en charge dans chacun des deux types d'aides spécialisées. La comparaison avec la population du panel de référence n'est pas possible, cependant, on sait que les élèves de nationalité étrangère représentent 9,5% de la population scolaire du premier degré public (réf. Repères et références statistiques, DEP, édit. 1995), on sait également que de nombreux enfants français, nés de parents d'origine étrangère, parlent aussi leur langue maternelle à la maison. Les pourcentages relevés ne paraissent pas traduire une propension, de la part des réseaux, à prendre plus particulièrement en charge les enfants non-francophones. Cette observation avait déjà été effectuée par l'inspection générale dans son rapport sur les GAPP en 1987.
En résumé, l'analyse des caractéristiques des élèves suivis montre, comme cela a déjà été dit, que les réseaux d'aides spécialisées œuvrent majoritairement auprès des élèves scolarisés aux cycles 1 et 2, et assurent des interventions très réduites auprès des élèves en difficulté au cycle 3. ils s'adressent, en outre, plus fréquemment aux garçons qu'aux filles, aux enfants nés plutôt en fin d'année, et aux élèves dont les difficultés scolaires sont associées à des facteurs familiaux ou sociaux sources de fragilisation (famille monoparentale, parents sans profession). Ces observations constituent des indications importantes pour l'élaboration d'une politique destinée à traiter le problème des difficultés scolaires sur un autre mode que la seule analyse des cas particuliers d ' enfants.