Communiqué

Paris, le 26 juin 2000
 
   

 « L’EDUCATION CITOYENNE DE TOUS LES ENFANTS »
L’appel à mobilisation d’Henri Lafay.
L’école doit apprendre à accueillir les élèves handicapés,
 même s’ils n’entrent ni dans la norme, ni dans une perspective de sélection et de compétition :
en demandant à l’école d’éduquer tous les enfants, nous rendons service à l’école et à la société.
 

Le colloque organisé le 14 juin dernier par le GFPH (Groupement Français des Personnes Handicapées) et l’ANPEA (Association Nationale des Parents d’Enfants Aveugles), a permis de faire une première évaluation de la mise en application des principes adoptés le 20 avril 1999  par Ségolène ROYAL, Ministre chargée de l’enseignement scolaire et Bernard KOUCHNER, Secrétaire d’Etat à la santé et à l’action sociale, pour favoriser l’intégration scolaire des enfants handicapés.

Cette journée d’étude a mis à jour l’immense écart qui existe entre les besoins des familles et la politique gouvernementale qui se contente de créer des places en établissements spécialisés.

Il ne s’agit pas de remettre en question l’utilité de ces établissements qui demeurent indispensables pour les enfants lourdement handicapés. Cependant, la politique actuelle complique encore trop souvent la démarche des parents qui souhaitent scolariser leurs enfants en milieu dit « ordinaire », en leur imposant des démarches administratives kafkaïennes.

A noter que ces établissements ne jouent d’ailleurs pas toujours leur rôle, puisque dans la plupart des cas, ils ont tendance à donner la priorité à des enfants qui pourraient être intégrés en milieu ordinaire, et à refuser de prendre en charge des enfants qui en auraient réellement besoin !

Il n’y a pas, aujourd’hui en France, d’obligation légale pour l’école d’intégrer les élèves handicapés. Les vingt mesures proposées par Ségolène Royal n’étant pas suffisantes, nous demandons au gouvernement d’imposer des mesures plus contraignantes aux établissements scolaires.

Malheureusement, les intérêts associatifs, financiers et corporatifs de gestion des établissements qui découlent de la seconde loi de 75, dite « Loi sur les Institutions sociales et médico-sociales », bloquent l’avancement de l’intégration. Cette loi est en effet unipolaire, axée principalement sur une logique de protection.

Nous souhaiterions une loi plus ouverte, fondée sur trois propositions :

1. Le maintien des établissements existants.

2. La notion d’accompagnement.

Actuellement, enfants, adolescents et adultes handicapés sont déplacés dans les lieux où se trouvent le personnel spécialisé et le matériel adapté. Il s’agirait plutôt de faire venir le personnel spécialisé - avec le matériel nécessaire - vers les personnes handicapées, là où elles doivent être, c’est-à-dire dans la vie ordinaire avec les autres (services de soutien et d’accompagnement, notamment scolaire).

3. L’aide à la vie autonome.

Il s’agirait de développer les sites d’aide à la vie autonome dont l’implantation se poursuit pour les adultes, afin de favoriser plus encore la vie autonome à la fois des enfants et des adultes handicapés 2 .
 

Enfin, il est capital pour les enfants et adolescents, que la loi sur les Institutions sociales et médico-sociales devienne une loi interministérielle, qui soit proposée conjointement par le Ministère de l’Education Nationale et le Ministère de la Santé et de l’Action Sociale, dont la collaboration est essentielle en ce domaine. Il serait également nécessaire de mieux souligner dans ce texte la spécificité des services, dont la logique ne doit pas être celle de la protection, mais celle de l’accompagnement.

Quoiqu’il en soit et quelles que soient les mesures gouvernementales, rien ne changera dans les établissements scolaires tant que les mentalités n’évolueront pas.

C’est la raison pour laquelle Henri LAFAY encourage les parents et les associations qui militent pour favoriser l’apprentissage de l’autonomie des enfants et adultes handicapés, à continuer de se battre sur le terrain.

En conclusion, pour que les groupes départementaux HANDISCOL 3, deviennent effectivement des points d’appui sur lesquels jeunes parents et personnes handicapées pourront compter, voici les deux lignes d’actions concrètes qu’il leur suggère d’adopter, :

Synthèse du discours de clôture prononcé par Henri LAFAY,
 Vice-Président  de l’APAJH (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés.)
 

Contacts presse : GFPH, Laurence CASTEL
Tel. 01 43 95 05 96/Fax 01 43 95 05 98
e-mail gfph@club-internet.fr
Site web : www.France-asso.com/gfph

2 Pour plus d'information, le rapport Lyasid est disponible auprès de Laurence CASTEL
3 Ces cellules spécialisées font partie des mesures proposées par Ségolène Royal. Pour plus de détails :
www.education.gouv.fr

 

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